The Square : une performance qui teste nos limites

 

La palme d’or du Festival de Cannes pour l’année 2017 est sortie en salle le 18 octobre dernier et laisse les spectateurs pantois à la sortie du film. The Square, par Ruben Östlund, est un long-métrage suédois de 2 heures et 22 minutes qui joue avec les codes, ainsi qu’avec nos émotions.

Dans ce film, nous suivons l’histoire de Christian (Claes Bang), conservateur d’un musée. Sa vie personnelle s’entremêle avec sa vie professionnelle suite au vol de son téléphone.

 

 

Musiques et arts contemporains sont au rendez-vous dans ce qui apparaît comme une réalité parallèle, bien trop semblable à la nôtre. Réactions outrancières, humour et noirceur sont également au cœur de cette palme d’or pleine de questionnement. Ruben Östlund nous livre ici une performance artistique sur la vie.

Un regard critique de l’art sur l’art, de l’Homme sur l’Homme

Critique de la société bobo-bourgeoise de ce XXIe siècle, The Square est un film qui est aussi un traité sur l’art contemporain. Certains le verront comme une critique de la société suédoise, ou de la société dans sa globalité, d’autres comme celle du monde de l’art. Les interprétations sont variées pour ce long-métrage qui multiplie les scènes métaphoriques et les symboles.

A travers ce film, le réalisateur nous pose une question : où sont les limites de l’art ? De là en découle une seconde : où sont les limites de l’Homme?

Véritable ascenseur émotionnel, le film de Ruben Östlund parvient à nous faire rire à de nombreuses reprises, tout en nous effrayant. Les dialogues sont d’une grande justesse et nous transportent dans une direction, sans que nous ne sachions laquelle.

Le choix du réalisateur

Ce que l’on peut reprocher à ce film ? Vouloir séduire un public trop large alors qu’il ne semble pas s’adresser à tous. L’incroyable Elisabeth Moss (Anne) nous donne l’impression d’être présente dans le seul but d’attirer les spectateurs internationaux dans les salles obscures, tout comme le très bon Dominic West (Julian).

La palme d’or semble ici saluer l’intelligence avec laquelle le long-métrage a été tourné, la véracité des dialogues, et l’originalité avec laquelle ce sujet a été traité, sans oublier le formidable Claes Bang (Christian). Si les trois quarts du film nous font comprendre la remise de ce prix, la fin reste cependant énigmatique.

Satire sociale, mais aussi performance en soi, le film est une œuvre complexe. Le réalisateur nous laisse choqué et incompréhensif, comme si lui-même réagissait ainsi face à notre société.

Alix Werthauer

 

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